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L’éducation coopérative pour « bâtir un monde meilleur »

janvier 5, 2018

La coopération existe depuis que les gens s’organisent pour atteindre des objectifs communs. Enraciné dans la lutte contre les inégalités et l’exploitation causée par la révolution industrielle dans l’Europe du 18e et 19e siècle, le modèle coopératif a depuis gagné en maturité pour devenir une forme d’entreprise légalement reconnue. De nos jours, 250 millions de personnes sont employées directement dans 2,6 millions de coopératives à travers le monde. L’Alliance coopérative internationale définit une coopérative comme « une association autonome de personnes qui se sont volontairement rassemblées en vue de réaliser leurs aspirations et de satisfaire leurs besoins économiques, sociaux et culturels communs, au travers d’une entreprise gérée de manière démocratique et détenue collectivement. » L’accent mis sur l’autonomie et la démocratie, ainsi que sur les besoins des membres plutôt que sur les profits, est ce qui séduit bon nombre de jeunes lorsqu’ils découvrent ce modèle.

Il existe d’excellents programmes en gestion coopérative dans les établissements postsecondaires canadiens, de Victoria à Halifax. Ces derniers proposent des points de vue légèrement différents, mais ils contribuent tous à développer le modèle et à former de nouveaux dirigeants. Ceci étant dit, ils attirent souvent des étudiants qui sont déjà actifs dans le domaine coopératif. Ce qui manque dans le paysage pour qu’un plus grand nombre d’étudiants puissent découvrir ce modèle est donc l’intégration de matière sur les coopératives dans les cours réguliers de gestion et les grandes écoles de gestion.

Les avantages d’une telle intégration pourraient aller dans les deux sens. La possibilité d’utiliser des coopératives pour réaliser des études de cas dans les programmes de gestion pourrait offrir un avantage naturel, compte tenu de la structure de gouvernance démocratique et de la transparence inhérente du modèle. En effet, ceci permettrait d’obtenir plus facilement de l’information et de la rétroaction pour élaborer une étude de cas solide. De leur côté, les coopératives pourraient profiter de l’expertise des personnes évoluant au sein de ces établissements et susciter de l’intérêt face au modèle.

Mais existe-t-il une demande pour plus d’éducation sur les coopératives? Lors se sa dernière conférence annuelle à Toronto en juin dernier, L’Association canadienne pour les études sur la coopération a présenté un atelier d’engagement stratégique axé sur les incubateurs, le curriculum et l’apprentissage expérientiel dans les établissements postsecondaires. Réunissant des universitaires, des praticiens et des étudiants, l’atelier a permis de former de nouvelles relations, de remettre en question des pratiques dépassées et de concevoir des stratégies originales. De nombreux représentants d’incubateurs et d’écoles de gestion ont confirmé qu’un nombre croissant d’étudiants souhaitent étudier des modèles d’affaires qui accordent une place significative aux considérations sociales et environnementales, ce queles coopératives font depuis plus d’un siècle.

Le développement durable est au cœur des entreprises de coopération. Un des sept principes clés du modèle coopératif renvoie à une préoccupation communautaire. Plus précisément, celui-ci dicte aux coopératives de « contribuer au développement durable de leur communauté dans le cadre d’orientations approuvées par leurs membres. » Il n’est pas surprenant que L’Alliance coopérative internationale ait été l’un des premiers organismes internationaux à s’engager pleinement envers l’atteinte des Objectifs du développement durable des Nations Unies. Les coopératives s’imposent donc comme la solution évidente si les étudiants veulent des modèles favorisant de saines pratiques sociales et environnementales.

Comment pouvons-nous renforcer le lien entre les coopératives et les établissements d’enseignement en allant de l’avant afin que les étudiants aient plus d’options pour innover? Une piste d’action consiste à mettre sur pied des programmes de formation au sein des coopératives canadiennes actuelles. Cela aiderait une nouvelle génération de leaders coopératifs à croître et prospérer. L’organisme Coopératives et mutuelles Canada a commandé une analyse des besoins sur l’éducation et la formation coopératives et cerné plusieurs occasions d’accroître la collaboration entre les coopératives et les établissements d’enseignement. Les collaborations possibles incluent des services de formation et d’éducation communs propres aux besoins des coopératives ainsi que le partage de matériel, de facilitateurs, de meilleures pratiques et de curriculum.

Nous pouvons également nous inspirer de ce qui se fait à l’étranger. En Finlande, des étudiants de la Tampere University of Applied Sciences forment des coopératives en classe pour aborder des enjeux commerciaux bien réels. Les étudiants possèdent des compétences diverses, allant des services médiatiques à l’ingénierie logicielle, qu’ils mettent au profit des coopératives tout en apprenant sur la gouvernance de ce modèle. Il est facile de concevoir comment une telle expérience peut s’avérer bénéfique à la fois pour les étudiants et les communautés au sein desquelles ils évoluent. Une fois leur diplôme en poche, bon nombre de ces étudiants choisissent comme plateforme d’emploi à long terme de mettre sur pied des coopératives d’experts-conseils.

La devise internationale du mouvement coopératif est que les coopératives aident à bâtir un monde meilleur. Des partenariats plus poussés avec des établissements d’enseignement supérieur pourront aider à bâtir ce monde meilleur plus rapidement, en plaçant les étudiants à l’avant-plan.

 

À propos des auteurs

Paul Cabaj est gestionnaire du développement coopératif et des partenariats stratégiques chez Coopératives et mutuelles Canada. Il travaille et milite activement dans le domaine des coopératives au Canada et à l’étranger depuis 20 ans. pcabaj@canada.coop,

 

Aleksandra Szaflarska est une étudiante au doctorat qui étudie la gouvernance coopérative dans les fiducies foncières de conservation. Elle est aussi propriétaire-fondatrice de la première brasserie artisanale de Kitchener, Together We’re Bitter Co-operative Brewing. alex@brewing.coop

2018-01-05T21:26:29+00:00 janvier 5th, 2018|Tags: , |