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​Implanter l'innovation dans les études de premier cycle

par Kelly J Hodgins Coordonnatrice du projet Feeding 9 Billion à l’Université de Guelph

Il s’amorce un virage important dans les études de premier cycle et les institutions progressistes méritent notre attention.

Le
doyen de Purdue vient de lancer une étude en profondeur sur le besoin d’implanter l’innovation dans les études de premier cycle. Ici au pays, RECODE travaille avec des collèges et universités de tout le Canada à tester des moyens de recoder la pédagogie universitaire. Ce travail en vue de sortir de l’ordinaire manuel/cours magistral/examen dénote que le changement dans les études supérieures est une priorité sérieuse pour bien des maîtres-penseurs.
Il y a longtemps qu’on ergote sur la valeur discutable d’un diplôme de premier cycle. J’ai grandi en entendant ma mère parler de son B.Sc. qui ne lui a jamais servi et mon père affirmer qu’il se tenait loin de cette institution. Vingt ans plus tard, ma cousine se demande si ça vaut le coup de reprendre ses études de bac en septembre. C’est le thème de toutes sortes d’articles, des journaux étudiants aux médias d’information nationaux, quoique de nos jours, le débat est beaucoup plus nuancé. La question n’est plus de savoir s’il faut ou non obtenir un bac. On se demande plutôt comment le diplôme de baccalauréat pourrait être différent.
À l’Université de Guelph, nous expérimentons des façons différentes d’apprendre. Notre travail d’apprentissage expérientiel et d’innovation est axé sur la sécurité alimentaire – il attire des étudiants qui en ont assez d’entendre parler des problèmes des systèmes alimentaires et qui ont envie de
faire quelque chose dans le domaine.
La semaine dernière, nous avons organisé notre défi
Feeding 9 Billion, un genre de séance express de 30 heures qui a réuni des équipes d’étudiants issus de plus de 20 disciplines. En renonçant à une fin de semaine à la mi-session, ces étudiants ont montré qu’il existe un énorme désir de changer les choses et d’agir sur les problèmes dans le monde. Et ils en ont fait la preuve! De toute évidence, seuls les étudiants les plus passionnés sont prêts à s’embarquer dans une telle expérience, alors ceux qui étaient là étaient VRAIMENT là. Avec l’aide de facilitateurs, les équipes ont entrepris un cours intensif – accéléré, parfois chaotique et tout à fait motivant – sur l’innovation sociale, un ensemble de compétences rarement inculqué à des étudiants de premier cycle, où que ce soit! Les participants en sont ressortis 30 heures plus tard avec six idées de projets incroyables.

Super, dites-vous… Mais qu’est-ce qu’une activité d’une fin de semaine peut changer dans les études de premier cycle? Pas grand-chose – c’est vrai! Les étudiants devaient encore retourner chez eux, étudier en vue des examens de mi-session, finir leurs travaux avant lundi et reprendre quelques heures de sommeil. Pour l’essentiel, la participation au défi leur a donné une occasion unique de vivre un mode d’éducation interdisciplinaire et novateur sur le plan social, mais cela s’est fait au détriment des heures consacrées à leurs études classiques. Et c’est là qu’il faut vraiment changer les choses.
Heureusement pour ces passionnés, il existe une deuxième phase – qui permet d’obtenir des crédits (la devise la mieux cotée auprès de tout bachelier en devenir). En janvier, les participants du défi vont s’inscrire à un cours unique en son genre,
Ideas Congress (le congrès des idées). Les 50 participants y recevront une formation en adaptation/transfert du savoir pour pouvoir communiquer efficacement entre disciplines (et à l’extérieur du milieu universitaire). On leur offrira aussi l’espace, le temps et le mentorat requis pour concrétiser les idées issues de la fin de semaine du défi.
Ceci – un cours non lié à une discipline, fondé sur le monde réel, qui donne priorité à l’innovation – n’est pas ce qui fait l’objet des débats habituels sur la valeur d’un baccalauréat.
Non,
ceci est le changement que nous attendions. Et surtout, c’est le changement que nos étudiants attendaient!

Nous avons su que nous étions sur la bonne voie quand une jeune créatrice du changement nous a dit à la fin du défi Feeding 9 Billion : « Je voudrais que tous les professeurs utilisent cette approche géniale où les étudiants participent à l’apprentissage, parce que je vais me souvenir de ce que j’ai appris ici, bien plus que du contenu de n’importe quel cours, si intéressant soit-il! »
C’est un signal clair du virage que doivent prendre les études de premier cycle, sous peine de disparaître.


Pur produit fermier, élevée dans une petite ville, Kelly J. Hodgins est une ardente défenseure de la justice alimentaire et de l’agriculture. Elle est l’enthousiaste coordonnatrice du projet Feeding 9 Billion à l’Université de Guelph, où elle a le privilège de travailler avec de jeunes créateurs du changement qui sont à concevoir un système alimentaire plus sain.

Nov 9, 2015 | Étiquettes : , , , ,