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​L'entreprise sociale : essor du modèle d'entreprise… essor sur les campus… et maintenant, essor du soutien du fédéral…

par David LePage Accelerating Social Impact CCC

De plus en plus d’options d’achat…

La gamme de produits et services d’entreprises sociales s’élargit de jour en jour… cette semaine, j’ai savouré le café et les chocolats d’East Van Roasters et aujourd’hui, j’ai choisi du miel et des chandelles de Hives for Humanity – tous les deux installés dans le Downtown Eastside à Vancouver comme moyen d’abattre les murs de l’isolement social et de la pauvreté.

De plus en plus d’options sur les campus…

Il y a quelques années, on ne voyait pas grand-chose en matière d’entreprise sociale sur les campus des collèges et universités. Une étude récente du British Council démontre cependant que « les maisons d’enseignement supérieur (MES) sont en voie de devenir une source de soutien de premier plan pour les entreprises sociales nouvelles et émergentes au Canada… trois MES canadiennes sur cinq hébergent un espace d’incubation qui permet le développement de nouvelles entreprises sociales »[1]. Le contenu des cours est lui aussi en voie de s’adapter. Il y a deux semaines, j’ai fini de donner un cours de niveau MBA sur l’entreprise sociale et les politiques publiques dans le cadre de la nouvelle spécialité Entreprise sociale [2].

De plus en plus de soutien gouvernemental…

Sur le plan des politiques publiques, on voit apparaître plusieurs stratégies provinciales en matière d’entreprise sociale – au Manitoba, en Ontario, au Québec et en Nouvelle-Écosse.
Et la semaine dernière, sans tambour ni trompette, le gouvernement fédéral a ajouté son appui au secteur de l’entreprise sociale, en fournissant une définition claire et en appuyant l’élaboration d’un répertoire national.
Devant l’essor croissant de l’entreprise sociale, Innovation, Sciences et Développement économique Canada (ISDÉ) est en voie « d’étudier les possibilités d’appuyer l’entreprise sociale et de réduire les obstacles à l’innovation et à la croissance dans le secteur ».

Voici la définition du répertoire : « Une entreprise sociale cherche à atteindre des objectifs sociaux, culturels ou environnementaux grâce à la vente de biens et services. L’entreprise sociale peut être à but lucratif ou non lucratif, mais la majorité des bénéfices nets doivent être dirigés vers l’objectif social avec une distribution limitée aux actionnaires et aux propriétaires. »
La définition du ministère fédéral signale clairement que l’entreprise sociale doit marier impact sur la collectivité et réinvestissement de la majorité des bénéfices dans la collectivité. Plutôt que de prévoir une structure d’entreprise, Innovation, Sciences et Développement économique Canada a opté pour un modèle axé sur le rendement, ce qui permet d’inclure un éventail de formules – pourvu que la finalité et la structure s’alignent toutes les deux sur cette définition et s’y conforment.
Selon cette définition, une entreprise qui possède un bon programme de RSE ou qui donne une part de ses profits à des œuvres caritatives ne peut pas revendiquer le statut d’entreprise sociale. Il ne suffit pas d’être bonne ou socialement responsable, ou de faire du marketing de blanchiment social pour devenir une entreprise sociale. Mais si votre raison d’être est de créer une valeur sociale et que votre structure consacre la plus grande part de ses profits à un objectif de développement communautaire, vous pouvez vous inscrire à ce répertoire.

C’est un outil précieux qui permettra aux entreprises sociales de s’identifier à un modèle défini; aux acheteurs, de s’approvisionner auprès d’entreprises sociales; et au secteur, de démontrer sa vigueur et sa valeur sur le site web. La définition englobe l’impact social, comme l’emploi de personnes ayant des difficultés d’intégration au marché du travail; l’impact culturel, comme celui qu’exercent tant de groupes d’arts et de théâtre locaux; et l’impact environnemental, comme celui des énergies de remplacement détenues par la collectivité.

Il n’y a pas d’appareil de suivi ou de contrôle de la conformité. Il nous incombera donc d’assurer que les entreprises sociales qui respectent les critères s’affichent, et que celles qui ne correspondent pas à la définition utilisent d’autres répertoires – sites web de certification RSE, commerce équitable ou B Corp.
Le débat sur la définition de l’entreprise sociale est loin d’être terminé. Certains trouveront cette définition trop large et d’autres, trop étroite. Mais ce qui importe, c’est de continuer à stimuler cet essor de l’entreprise sociale – dans nos salles de cours, en ligne, au sein du gouvernement et dans nos achats!


[1] https://www.britishcouncil.org/sites/default/files…
[2] .

Sep 8, 2016 | Étiquettes :