Le milieu de l’éducation supérieure se prépare-t-il pour l’avenir?

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Le milieu de l’éducation supérieure se prépare-t-il pour l’avenir?

novembre 29, 2018

par Coro Strandberg

President, Strandberg Consulting

 

Les industries, les entreprises et les gouvernements s’outillent pour l’avenir, motivés par les impératifs de durabilité qu’entraînent les changements climatiques, la rareté des ressources, de l’eau et de la nourriture, la polarisation sociale et la hausse des inégalités économiques.

Les cégeps et les universités ne font pas exception. L’avenir appartient aux organisations qui auront été proactives et non à celles qui auront défendu le statu quo. Comme d’autres secteurs, le milieu postsecondaire est en période de transition alors qu’il réfléchit à sa raison d’être. Fournit-il les compétences nécessaires aux étudiantes et étudiantes ainsi qu’aux gens sur le marché du travail pour qu’ils puissent occuper des emplois? Sans aucun doute. Fournit-il aussi les compétences nécessaires à son personnel administratif pour qu’il puisse utiliser son expertise, ses ressources, ses actifs et ses investissements pour contribuer à l’atteinte de résultats sociaux? Lentement, mais sûrement.

La fondation McConnell et l’Association canadienne du personnel administratif universitaire (ACPAU) mettent des mesures à l’essai pour que le personnel administratif universitaire puisse mieux mobiliser leurs équipes et tracer la voie vers une société durable.

Il s’agit là d’une nouvelle réalité, qui vient s’ajouter à la tâche que les établissements postsecondaires se sont donnée d’améliorer la société par l’entremise de leurs mandats premiers, c’est-à-dire la recherche et l’enseignement.

Vous voulez des exemples concrets? Il y a l’Université McMaster à Hamilton en Ontario qui, par l’entremise de sa division des services aux installations, « redonne » à la communauté en organisant une journée annuelle de service communautaire durant laquelle le personnel des installations apprend à connaître des organismes communautaires de la région en faisant du bénévolat. Il y a aussi l’Université Acadia en Nouvelle-Écosse, qui a récemment rédigé un protocole d’entente unique avec Wolfville, la ville où se trouve l’université. Dans ce protocole, les deux s’engagent à mettre à profit des infrastructures et des actifs collectifs pour des événements communs, de l’approvisionnement, une programmation récréative, des services technologiques, une planification professionnelle et stratégique intégrée, et l’habitabilité des quartiers.

Ce ne sont là que deux exemples : des départements d’administration et de finance d’établissements de partout au pays se mobilisent pour jouer un rôle clé dans le bien-être communautaire. Vous serez à même de le constater en consultant ce nouvel inventaire de plus de 60 pratiques administratives à vocation sociale!

Ces travaux ne se font pas sans pressions. La recherche menée par La fondation McConnell et l’ACPAU montre que les obstacles sur le chemin incluent :

  • un manque d’orientation ou de mandat à l’échelle de l’établissement;
  • des contraintes de temps et de ressources;
  • des systèmes et des mentalités rigides;
  • un manque de connaissance quant aux exemples concrets;
  • l’absence d’avenues de collaboration avec des partenaires issus de l’enseignement, de la recherche ou de la communauté.

La plupart des gens savent probablement que le mandat des universités a évolué pour que le corps étudiant et le corps professoral puissent vivre une expérience communautaire grâce à l’apprentissage par le service communautaire et la recherche au sein de la communauté. On s’attend cependant désormais à ce que les départements d’administration (en plus des départements d’enseignement et de recherche) rehaussent leur jeu.

Voici comment on définit la finance et l’administration à vocation sociale dans le cadre du Projet de finance et d’administration à vocation sociale :

  • Intégrer des objectifs sociaux et environnementaux dans les tâches, les rôles, les décisions et les comportements qui ont trait à la finance et à l’administration afin que cela profite à l’établissement, aux étudiants et étudiantes, et aux communautés.
  • Exploiter les outils, les actifs, les ressources et les relations liés à la finance et à l’administration pour innover et développer l’impact social.
  • Aligner la vocation professionnelle à la vocation sociale, de sorte que les tâches administratives soient plus utiles et aient un impact social.

Voici quelques marqueurs de progrès :

  • L’Université Simon Fraser et La fondation McConnell ont commandé un document de travail au printemps 2017 qui argumente que les établissements postsecondaires peuvent utiliser leurs actifs pour accroître le bien-être social. Il s’agit d’un appel à l’action pour amener les cégeps et les universités à repenser le rôle qu’ils jouent au sein de la société.
  • L’ACPAU et La fondation McConnell ont fait équipe pour que les départements d’administration et de finance se mobilisent à des fins sociales, comme cela est décrit dans cet abécédaire publié en 2017.
  • Ces deux organismes collaborent sur un programme de développement professionnel qui inclut un portrait des meilleures pratiques, une série de webinaires et de la formation pour éduquer le personnel administratif sur les partenariats communautaires (2018-2019).
  • L’ACPAU a récemment inclus la finance et l’administration à vocation sociale parmi les critères servant à décerner son prix annuel de la qualité et de la productivité (dirigez les établissements ici; la date limite est le 23 janvier 2019).

Bien que les meilleures pratiques ne manquent pas, ces travaux visent à développer le progrès social pour aller plus loin que des mesures ad hoc ou marginales. Le but est d’utiliser des instruments et des actifs financiers et administratifs de manière originale. Il est intéressant de noter qu’un sondage récent mené auprès d’administrateurs et d’administratrices a révélé que ces derniers et dernières s’intéressent particulièrement à la planification stratégique en vue d’un impact social, d’un changement de comportement durable ou de partenariats avec des organismes communautaires. En comblant ces lacunes, des départements de finance et d’administration de partout au Canada pourront libérer un grand potentiel d’impact et d’innovation sociale.

La voie est libre, bien qu’elle ne soit pas toute tracée. L’ACPAU vient de publier un article intéressant sur la carte routière qui permettra d’arriver au but, offrant sa perspective de l’état des choses. Le milieu de l’éducation supérieure peut avoir un impact plus grand « sur le terrain », c’est-à-dire dans les communautés, en redéfinissant son objectif de sorte que tous les actifs des établissements soient exploités pour le bien social. Regardez au loin : que voyez-vous?

2018-12-06T22:24:33+00:00 novembre 29th, 2018|