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Le passage du défi Map the System 2020 dans le monde virtuel

par: Paula Sahyoun et Kelly Hodgins

La finale canadienne du défi Map the System 2020 s’annonçait dès le départ mémorable. Les préparations allaient bon train alors que l’établissement hôte de cette année, HEC Montréal, se préparait à accueillir 17 équipes étudiantes choisies parmi plus de 450 participantes et participants de cégeps et d’universités de partout au pays.

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Puis, la pandémie a commencé.

Comme bien d’autres ailleurs dans le monde, nous avons dû passer en mode de planification d’urgence.

Comment tenir le défi autrement qu’en personne?

Le weekend dévoué à la finale nationale a toujours été considérée comme étant indispensable. Elle permettait de réunir dans une salle les idées et la passion des équipes étudiantes de partout au pays, et de créer des liens entre le personnel enseignant qui partage une vision d’éducation porteuse de changement. Il semblait donc « évident » que ce rassemblement en personne était nécessaire pour clore le programme pancanadien. Mais comme pour beaucoup d’autres choses dans nos vies, la COVID-19 nous a obligés à réfléchir à ce que nous tenions pour acquis ou considérions comme étant « évident ». 

Plusieurs personnes qui travaillent pour intervenir face à la pandémie (ou à tout autre grand bouleversement) utilisent la méthode Réagir, Récupérer, Reconstruire pour cadrer leur but et leur intention.

Jed Emerson nous rappelle toutefois que ce cadre oublie une première étape cruciale : Réfléchir. Malgré l’urgence et le chaos causés par la COVID-19, il serait imprudent de réagir sans clarté et celle-ci ne peut venir que d’une réflexion attentive.

Nous avons donc amorcé notre planification d’urgence en réfléchissant à la raison d’être du défi Map the System. Qu’est-ce qui rend celui-ci tellement unique? Qu’est-ce que les étudiantes et étudiants apprécient? Et le personnel enseignant? Pourquoi des établissements y participent-ils activement année après année? 

Le défi Map the System offre :

l’occasion aux étudiantes et aux étudiants d’en apprendre plus sur le changement systémique;

l’occasion d’apprendre de manière approfondie à propos d’un enjeu social ou environnemental préoccupant;

– l’occasion de créer un échange pancanadien avec des agentes et agents de changements aux vues similaires.

Le mois de mars a été un mois mouvementé et pour atténuer le stress, nous avons repoussé les dates d’échéance. Nous avons ensuite organisé des appels Zoom pour chercher l’avis des membres du corps étudiant et du corps enseignant. Nous avons aussi diffusé des sondages. Nous avons posé des questions et nous avons écouté les réponses. Souhaitez-vous encore participer au défi Map the System? Quelles sont les difficultés auxquelles vous faites face? Avez-vous besoin de plus de soutien pour terminer? Pour prendre part à la compétition? Avez-vous accès à une connexion internet fiable? 

Cette réflexion n’a pas pris plus d’une semaine, mais elle nous a donné la clarté dont nous avions besoin pour prendre des décisions éclairées sur la façon de faire les choses. Elle nous a aussi permis de constater qu’une compétition virtuelle était voulue et nécessaire. Enfin, elle nous a donné l’occasion d’impliquer les participantes et les participants pour créer conjointement cette nouvelle expérience virtuelle. 

Nous étions prêts à réagir.

Les tournants que nous avons pris ont finalement donné lieu à des résultats positifs imprévus! 

Au lieu d’une présentation en direct, nous avons demandé aux équipes de soumettre une vidéo de 5 minutes.

Le positif? Pour la première fois, les présentations remarquables des équipes peuvent être partagées publiquement (vous pouvez les voir ici!).

Au lieu de répondre aux questions des membres du jury durant une période de questions de cinq minutes devant le public, chaque équipe a participé à une conversation vidéo de 20 minutes avec les membres du jury.

Le positif? Cela a été une expérience d’apprentissage très riche qui a amené les étudiantes et les étudiants à approfondir leur compréhension du sujet dans le cadre d’une réflexion et d’une conversation.

Enfin, au lieu du rassemblement prévu à Montréal, nous avons animé un événement virtuel qui se voulait une célébration des équipes finalistes canadiennes et un moyen de présenter et d’applaudir toutes les équipes pour leurs efforts.

Le positif? Deux cents personnes de partout au Canada ont participé à cet événement virtuel et notre empreinte carbonique est restée très faible!

Ensemble, nous avons regardé les vidéos des 16 équipes finalistes. Tout au long de l’événement, la boîte de dialogue « chat» s’activait alors que les membres des équipes et du public publiaient des mots d’encouragement et des commentaires réfléchis.  

Résultats

Ce nouveau format de participation public nous a permis de créer un prix « Choix du public » à l’aide de la fonction d’interrogation de Zoom. Les deux équipes gagnantes ci-dessous ont reçu un prix de 500 $ à remettre à un organisme caritatif de leur choix :

Corpus Christi: “Youth Homelessness Crisis in Vancouver’s Downtown Eastside”
Institut de technologie et éducation avancée Humber: “Canadian Indigenous Reserves Clean Water Crisis”

Les membres du jury ont déterminé que ces équipes satisfaisaient le mieux les critères Map the System :

Université de Waterloo: “Transit-Induced Gentrification’’
  Université Mount Royal: ‘’Canadian Charity System’’
Université de la Colombie-Britannique: ‘’Free Periods Canada – Menstrual Inequity in Canada’’
Corpus Christi: ‘’Youth Homelessness Crisis in Vancouver’s Downtown Eastside’’
Université Memorial de Terre-Neuve: ‘’Holocene – Flooding Crisis in Canada’’
Université Ryerson: ‘’The Crisis of Affordable Rental Housing in Toronto’’

Elles prendront part à la grande finale organisée par l’Université d’Oxford en juin. Elles sont aussi admissibles pour soumettre une demande de financement Apprenticing with the Problem de 10 000 $.

Ce programme veut amener les étudiantes et les étudiants à explorer davantage les écarts, les leviers de changement et les occasions manquées cernés dans le cadre de leur recherche Map the System.

En conclusion

Nous avons aussi beaucoup appris. Les difficultés rencontrées par les équipes organisatrices, les équipes étudiantes et le corps enseignant nous ont forcés à réfléchir aux buts fondamentales du défi. Elles nous ont forcés à réagir de manière insoupçonnée. Et les résultats positifs imprévus nous ont montré que nous pouvons reconstruire le programme pour le mieux dans les années à venir. 

La détermination de ces étudiantes et étudiants à la pensée systémique mérite d’être soulignée. Nous vous encourageons fortement à visionner les vidéos des 16 finalistes Map the System ici

Merci à tous ceux et celles qui ont fait de Map the System 2020 une réalité. Le succès de l’événement est sans aucun doute attribuable à cette belle communauté composée d’agentes et d’agents de changement, de membres du corps étudiant et du corps enseignant, des jurys local et national, et des amis et familles qui ont offert leur soutien. 

Au plaisir de vous retrouver l’an prochain à Montreal!

Mai 26, 2020 | Étiquettes : ,