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Les leçons du bac à sable

par Jakob Wildman-Sisk, Social Lab Manager, UNB's Pond-Deshpande Centre and Chad Lubelsky, The J.W. McConnell Family Foundation

Créer un écosystème entrepreneurial représente tout un contrat. Pourtant, en neuf ans, la communauté de Hubballi en Inde a été transformée grâce à des investissements intéressants dans les domaines de l’éducation, de l’innovation et de la collaboration. Que peut‑elle nous enseigner?

La Fondation Deshpande crée des écosystèmes d’entrepreneuriat en appuyant et en exploitant le pouvoir offert par le capital financier et les possibilités éducatives. Ce faisant, elle espère mettre en place des fondements pour des communautés plus durables et énergiques.

Elle compare ce travail de soutien à la construction de « bacs à sable ». Ces derniers s’étendent désormais au Nouveau-Brunswick et au Massachusetts, mais ils ont vu le jour et ont puisé leur inspiration à Hubballi en Inde. Reconnaissant qu’il est difficile de bâtir des écosystèmes, et dans un esprit d’apprentissage et d’amélioration continus, la Fondation Deshpande organise un événement annuel intitulé Development Dialogue, qui a lieu à son bac à sable d’Hubballi.
Il s’agit d’un symposium international sur l’entrepreneuriat social qui réunit plus de 600 entrepreneurs, fonctionnaires, universitaires et étudiants qui s’intéressent à la communauté. Ces derniers sont invités à participer à un dialogue de deux jours sur la création d’écosystèmes appuyant et soutenant l’activité entrepreneuriale.
Le Centre Pond-Deshpande au Nouveau-Brunswick envoie chaque année une délégation. Cette année, la Fondation de la famille J.W. McConnell s’est jointe à nous pour mieux comprendre comment appuyer l’innovation sociale à une autre échelle et aborder des problèmes sociaux complexes.
Ce fut un voyage inspiré et inspirant. Après avoir partagé les leçons apprises, nous avons décidé de créer notre propre mini-collaboration et de rédiger le billet de blogue qui suit. En tant que bailleur de fonds et praticien, nous jouons des rôles différents au sein de l’écosystème. Néanmoins, nous sommes rentrés de notre aventure aussi enhardis l’un que l’autre à être encore plus ambitieux dans nos objectifs et avant-gardiste dans nos pratiques et nos collaborations. Ceci constitue donc notre premier petit pas dans cette direction.

Promesse no 1 : Nous tomberons en amour avec le problème qui va se présenter.

L’expression « Tomber en amour avec le problème plutôt qu’avec la solution » est devenue en quelque sorte un axiome dans le milieu des entreprises sociales. Il faut non seulement de la persévérance et du cran pour imaginer des solutions aux problèmes sociaux, mais aussi une bonne étoile. Sauf que les étoiles sont dynamiques et selon le point de vue, elles peuvent sembler différentes. Nous avons donc particulièrement aimé le conseil du conférencier Anousheh Ansari, qui suggère de tomber en amour avec le problème qui va se présenter. Saisir que nos problèmes sociaux les plus urgents sont dynamiques nous permet d’être en meilleure position pour y faire face, peu importe notre place dans l’écosystème.

Promesse no 2 : Il sera plus important pour nous de créer un changement social que de s’attribuer le mérite du changement social.

Nous sommes revenus en nous demandant ce que nous étions prêts à laisser aller. Cela n’implique pas de renoncer à la propriété de notre travail prometteur, mais plutôt à étendre cette propriété à tous ceux qui ont à cœur le changement et s’en font les champions. La nature des défis auxquels nous nous attaquons change lorsque nous prenons fait et cause pour le changement de manière collaborative. Il est impossible de connaître du succès sans laisser aller « notre changement » au moment de relever des défis sociaux dynamiques.
Au bout du compte, nous voulons catalyser un changement profond et non pas le posséder.

Promesse no 3 : Nous ferons notre part pour approfondir et développer les percées.

Selon Zubin Sharma (regardez sa vidéo Tedx ici), il faut investir dans les écosystèmes en réfléchissant attentivement au contexte. Un programme basé à Montréal pourrait ne pas bien fonctionner au Nouveau‑Brunswick, tout comme une entreprise qui a connu du succès en 2001 pourrait ne pas être aussi pertinente aujourd’hui. Des écosystèmes se développent de nombreuses façons. C’est pourquoi il importe de comprendre ce qui fonctionne ou ne fonctionne pas et de partir de là. Investir dans les gens est toujours un pari judicieux.

Promesse no 4 : Nous adopterons une approche d’écosystème.

Les bacs à sable de la Fondation Deshpande offrent à l’entrepreneuriat social des forces, des capacités ET des voies de distribution. Chaque élément est vital. Sans le spectre complet, un étudiant pourrait avoir imaginé une innovation sociale phénoménale, mais si personne n’est prêt ou capable de l’utiliser, ou même d’en entendre parler, tout cela sera pour rien.
Du renforcement des capacités à l’investissement financier, la Fondation Deshpande est présente tout au long du processus, de la création au soutien d’entrepreneurs sociaux. Puisqu’il est impossible pour nos organisations de répondre à toutes les demandes qui découlent de ce processus, nous devons mieux déterminer comment harmoniser nos efforts. Pour le Centre Pond-Deshpande, cela pourrait vouloir dire approfondir nos travaux pour mieux développer les percées. Pour RECODE, cela pourrait signifier appuyer le renforcement des capacités afin que les percées puissent passer à un autre niveau.
Nous savons qu’il faut du temps, des ressources et une intention pour avoir une incidence au niveau du système. Mais il faut aussi de l’expérimentation et de la confiance. Notre dernière promesse est donc d’expérimenter davantage et de faire plus confiance. Nous espérons que vous vous joindrez à nous!

Fév 29, 2016 | Étiquettes : , , , , , , ,